« Il fallait que le temps passe. »

Alexandre Brémaud

Alexandre Bremaud a travaillé sur les maquis du Commandant Eugène Pinte. On touche à travers l’exemple d’Eugène Pinte un autre profil de résistant, celui du militaire de carrière. Après l’armistice de juin 1940, Eugène Pinte reste militaire d’active dans l’Armée d’Armistice de la zone sud, dite zone non-occupée, où l’État Français, sous la direction du gouvernement de Vichy, maintient un semblant de souveraineté. Avec un réseau d’officiers qui partagent le souci du maintien de la souveraineté française, il organise la « disparition » d’une partie du matériel rescapé de la débâcle. Dès fin 1941, il dispose d’un corps franc de 40 agents et implique activement l’ensemble de sa famille dans la résistance. Affecté dans la région de Limoges, il installe sa famille dans une ferme du hameau de La Gaubertie, sur la commune d’Aixe-sur-Vienne. La ferme devient un refuge pour des réunions de la future ORA, Organisation de Résistance de l’Armée, (fondée « officiellement » en 1943 après l’invasion de la zone sud), la ville de Limoges étant devenue trop risquée car les filatures y sont trop faciles. En 1944, d’ailleurs, une très grande partie de la Résistance dans Limoges est décapitée. A l’instar de Guingouin, Pinte développe sa lutte en étant « dans la population comme le poisson dans l’eau ». Ainsi, un briquetier de la commune fournit des certificats de travail pour cacher un opérateur radio maintenant quotidiennement la liaison avec Londres. Les paysans participent également à la réception des parachutages qui s’organisent de plus en plus depuis l’hiver 1943 sur le secteur d’Eugène Pinte. L’ORA fusionne en 1943 avec l’AS, branche armée du mouvement Combat d’Henri Frenay, avant de s’unir en 1944 avec les FTP communistes dans les Forces Françaises d l’Intérieur. Ces forces vont participer à l’encerclement de Limoges en Aout 1944 sur le sud ouest de l’agglomération limougeaude. Le long de ce que les habitants du secteur appellent l’ancienne route d’Aixe, en direction du Mas des Landes, deux stèles témoignent d’ailleurs des FFI tombés au combat du Mas des Landes , l’un des plus important de la Bataille d’Aixe les 17 et 18 août 1944. C’est non loin de là, à l’ouverture d’un nouveau lotissement d’habitations que le conseil municipal d’Aixe a baptisé une rue du nom de son ancien chef de maquis. Hommage somme toute modeste à un homme qui sera resté discret après la guerre. L’impression, peut-être, de n’avoir fait que son travail de militaire et le deuil qui le frappe à la Libération auront sans doute contribué à son silence. Eugène Pinte s’éteint à 49 ans en 1951.

A lire, sa fiche sur le site des amis de la Fondatin de la Résistance par Alexandre Bremaud.

Publié par

Martial Roche

Petit, je voulais être photographe. On m'a dit de faire des études, je suis devenu JRI.

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