Une ligne droite et quelques pas de côté

Vladimir Trouplin, conservateur du musée de l’ordre de la Libération

L’année 2019 a commencé pour le projet Un passé très présent par une séquence de mise en perspective.

Pour reprendre le déroulé, j’avais commencé il y a deux ans par une interview d’Armand Gatti, qu’on retrouve dans la première bande annonce du projet. Bien m’en a pris : Armand Gatti s’est éteint un mois après notre rencontre. Une certaine urgence avait commandé cette première phase de travail. Les témoins sont rares, très âgés. Je craignais d’arriver trop tard.

La bande annonce reflète assez cette étape, puisqu’on y retrouve, outre Armand Gatti, messieurs Arnaud et Pataud, maquisards respectivement à Saint Méard et Saint Léonard. Ces deux hommes sont heureusement encore alertes à l’heure où j’écris.
Cette première urgence passée, il m’a fallu penser, à l’aune de ce que j’avais collecté, pour chercher la pertinence de ma démarche.

Le fil que je suivais depuis le début était de chercher dans quel terreau avait pu germer l’idée pour ces hommes de prendre le maquis, de s’organiser comme ils l’ont fait. De quel imaginaire ils nourrissaient leur réel.

Et puis, à mesure que je cherchais, je m’apercevais que la mémoire de ces faits était une mémoire à trous. Que certains personnages avaient un peu disparu du paysage même si dans certains cas, leur nom était prononcé presque quotidiennement. Armand Dutreix, François Perrin, Georges Dumas sont pour bien des limougeauds des toponymes avant d’être des personnages de leur Histoire.

D’où l’idée de me lancer sur une enquête sur ce que c’est, la mémoire. Point où nous en sommes aujourd’hui.

Maintenant qu’une ligne est définie, il m’a fallu mettre le Limousin en perspective. Parce que j’y suis né et que je voulais m’affranchir de possibles contingences locales pour travailler sereinement.

Dans ces mises en perspective, je me suis trouvé en possibilité de rencontrer des chercheurs. Et j’ai eu envie de m’offrir quelques pas de côté. Pour commencer, donc, j’ai rencontré Mr Trouplin, conservateur du musée de l’ordre de la Libération. Je n’aurai sans doute pas la place de l’intégrer dans le projet documentaire final, mais pour autant, je trouvais intéressant de trouver une place pour étudier le rôle d’une institution comme l’Ordre de la Libération et son musée, intégré dans le dispositif mémoriel de l’Etat au sein des dispositifs du ministère de la défense. Un tel dispositif est amené à se croiser et interagir avec des structures associatives mémorielles, comme le sont l’ANACR ou l’association des amis du musée de la Résistance de Limoges, ou encore avec les mémoires individuelles qui amène des personnes à assister à des commémorations, rencontres, évènements autour de la mémoire de la Résistance, à adhérer à ces différentes structures, à s’intéresser à la production culturelle autour de ces sujets, qu’il s’agisse d’expressions artistiques ou de recherches.

D’autres pas de côté seront réservés à des interviews de chercheurs, historiens dans un premier temps, pour des réflexions sur le rôle de la recherche dans la demande de connaissance de nos sociétés.

Publié par

Martial Roche

Petit, je voulais être photographe. On m'a dit de faire des études, je suis devenu JRI.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.