Le poids des maux, le choc des gros sabots.

En 2014, Paris Match publiait cette interview du fils d’Adolf Diekmann, l’officier commandant les bourreaux d’Oradour.
Un commentaire s’impose.
Ce qui est intéressant, c’est ici le témoignage d’un homme qui porte les crimes de son père.
En revanche, je ne cautionne absolument pas le travail de Régis le Sommier.
Le directeur adjoint de Paris Match a publié et promu son livre en 2014. Celui-ci, intitulé Les Mystères d’Oradour, me semble à classer au même niveau que ceux de Lorant Deutsche : spectaculaires et mensongers.
Plusieurs de ses postulats sont faux. Les travaux de Fabrice Grenard l’ont démontré. Notamment ses travaux sur le massacre de Tulle.
M. Le Sommier demandait encore en 2014 pourquoi la Das Reich aurait perdu du temps à Oradour au lieu de foncer en Normandie.
Nous savons que ses ordres, au lendemain du débarquement, étaient justement de venir réprimer les maquis en Limousin, au moyen, comme ce fût plusieurs fois le cas dans le premier semestre de 1944, d’opérations de terreur. Comme souvent dans des conflits asymétriques, la puissance occupante tente de couper les maquis du soutien de la population.

Les unités envoyées pour cela procède à des rafles, des exécutions sommaires, l’incendie des villages où elles soupçonnent les maquisards de prendre appui.
Le 9 juin, Lammerding reçoit l’ordre d’abandonner cette mission en Limousin pour rejoindre, effectivement, la Normandie, où la tête de pont alliée se renforce et gagne du terrain. Une dernière opération de terreur est donc décidée : raser un village, avec l’effroi comme seul objectif stratégique. La cruauté doit être spectaculaire. D’où, à Tulle les pendaisons, à Oradour les incendies et des actes de cruauté supplémentaires (le boulanger et ses proches jetés dans le four à pain).
Il ne s’agit donc pas de « représailles », terme insupportable aux rescapés et aux familles de victimes : c’est comme si on leur disait qu’ils avaient provoqué le massacre. Ou que les maquisards en seraient responsables. C’est une inversion des responsabilités.
Il faut rappeler que la SS, et la Das Reich en particulier, a pratiqué ces massacres depuis le début de la guerre. La Wehrmacht n’est pas en reste. Depuis la guerre de 1870, l’armée allemande vit avec la hantise du franc-tireur, ce soldat non-conventionnel, derrière la ligne de front, qui continue à frapper dans un pays qu’on croit pacifié.
Kämpfe ? Il est certes détenu par les maquisards de Guingouin. Mais des négociations sont tentées. Kämpfe est fusillé le lendemain du massacre d’Oradour. Par ailleurs, sa capture a eu lieu à Sauviat-Sur-Vige, à environ 60 kilomètres d’Oradour-sur-Glane, sur la route du retour entre Guéret et Limoges.
La probabilité que les SS aient recherché Kämpfe à Oradour semble faible. Que Diekmann aient été affecté par la disparition de son camarade, c’est probable. Mais les SS ne cherchaient pas un officier à chaque fois qu’ils ont rasé un village sur le front de l’est.

En résumé, autant il est normal de ne pas s’en tenir à la seule parole des témoins, autant là, on flirte gentiment avec le complotisme, version « on nous a caché des choses sur Oradour. »

Ce sujet de France Télévision, malgré les grosses réserves que j’ai sur la forme, est beaucoup plus clair.

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