MAL AIMÉS

Je relaie ici l’article publié par Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, sur le dernier ouvrage de l’historien Rémi Dalisson sur la « Génération sacrifiée » de 1940.

Je ne me lance pas dans un long article, faute de temps pour angler, chercher et documenter. Je vous propose juste de songer quelques instants à notre ressenti sur ce fameux « an 40 » et la génération qui l’a « fait » ou vécu.
Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, mes deux grands-pères été mobilisés en 39-40. L’un dans l’aviation, l’autre dans l’infanterie. L’un était perdu dans la débâcle quand une femme est arrivée dans la ferme familiale avec un bébé dans les bras, mon oncle. Il est parvenu à rentrer. Mais a très peu parlé.
Mon autre grand-père eut moins de chance, puisque lui fut capturé et passa la guerre en Allemagne. Il en avait ramené quelques mots de la langue de Goethe et un jeu de cartes en allemand- il était redoutable à la belote.
Ils n’ont pas beaucoup raconté cette histoire là. Mon grand-père « Kriegsgefangener » -prisonnier de guerre- était resté proche des associations d’anciens combattants. Je crois me souvenir aussi que les feux d’artifices, il n’aimait pas trop. Ça évoquait de mauvais souvenirs, sans doute.
Je ne sais pas ce qu’il a pu penser de films comme La vache et le prisonnier ou La 7e Compagnie. Je ne sais pas non plus avec quel état d’esprit il a pu partir en 39, lui qui avait vu son père traîner sa jambe de bois ramenée de la guerre de 14.
L’autre grand-père non plus n’en parlait presque pas. Juste des bribes, sans qu’on sache jamais vraiment ce qu’il avait fait, avant et après le 17 juin 1940.

On peut noter qu’en 1959, 14 ans après la guerre, la vache et le prisonnier fait plus de 8 millions d’entrées, ce qui reste un record sur près d’une décennie. Quant à la trilogie de Robert Lamoureux, même si elle tutoie allègrement le nanard, reste une référence (parfois second degré pour trentenaires mi-goguenards mi-attendris). Une bonne partie de la population serait capable d’en citer quelques répliques.

On pourrait aussi citer le succès de La grande vadrouille. Il est certain que ces succès cinématographiques montrent pour la société française d’après guerre le besoin d’exorciser cette période traumatisante. Avec à chaque fois des acteurs en pleine gloire.
Reste que pour ceux de 40, la guerre fut peut-être « drôle », mais pas franchement marrante.

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