« Le vote socialiste pour faire barrage aux communistes »

Hier, M. Viroulaud, adjoint au maire de la ville de Limoges, m’a accordé une interview dans une salle de travail du musée de la Résistance en sa qualité d’adjoint en charge de la mémoire et des anciens combattants.

M. Viroulaud milite dans la droite limougeaude depuis le milieu des années 1990, ce qui lui a valu de nombreux revers électoraux comme il se plait à le rappeler avec le sourire. Jusqu’à ce qu’un désistement lui permette de devenir conseiller municipal en 2010. Et surtout, jusqu’aux élections municipales 2014, où Limoges, bastion socialiste, bascula à droite avec la victoire de la liste d’Émile-Roger Lombertie.

Symboliquement, 2014 est un choc. Léon Betoulle, de la SFIO, tient la mairie de 1912 à 1941 où il est destitué par Vichy et remplacé par André Faure, représentant de la droite limougeaude avant-guerre. Betoulle, pourtant, avait voté les pleins pouvoirs. En 1944, c’est donc le communiste Henri Chadourne qui assure l’intérim. Le musée de la Résistance porte d’ailleurs son nom. Les élections de 1945 portent alors Georges Guingouin à la mairie. Puis, en 1947, Léon Betoulle reprend la mairie jusqu’à sa mort en 1956 ou lui succèdent, jusqu’à 2014, les socialistes Longequeue et Rodet.

Comme évoqué avec M.Savy, ancien président de région, la vie politique limougeaude s’est longtemps construite sur une opposition entre socialistes et communistes. M.Viroulaud affiche pour sa part sa conviction : les longues années de faiblesse des forces de droite et du centre sont sans doute dues à un report des voies vers un barrage au parti communiste.

Cela ne résume pas, néanmoins, l’entretien que nous avons eu avec M.Viroulaud au sujet de ses fonctions à la mémoire et aux anciens combattants et à la place laissée à la mémoire de la Résistance dans l’espace public limougeaud.

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Et il y a d’autres façons que j’ai détaillées ICI.

Guingouin, honni des socialistes.

Robert Savy a présidé la région Limousin pendant 18 ans. Professeur de Droit Public, socialiste, celui qui fût également député de la Haute-Vienne a gardé un œil très indépendant sur les destinées de sa région, sa vie politique et l’activité locale et nationale de son parti.

Si la SFIO a compté en Haute-Vienne son lot de résistants et de martyrs (Perrin, Dutreix, Dumas, entre autres) les chefs de file socialistes, Léon Betoulle, maire de Limoges pendant 38 années cumulées, ou Jean Le Bail, secrétaire de la fédération départementale et futur député n’ont pas pris part à la Résistance. Betoulle vota les pleins pouvoirs à Pétain. Le Bail fût un ennemi farouche de Guingouin après guerre et un des grands artisans de la légende noire du chef des FFI.

Les enjeux de mémoire pour la SFIO et le Parti Communiste furent donc différents.

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