SCRIPTA MANENT… OU PAS…

Aujourd’hui, la mairie de Peyrat le Château m’a ouvert ses archives relatives à la deuxième guerre mondiale, en compagnie de la fille d’un réfugié alsacien.

« Il y a deux boîtes » m’avait-on dit. Un trésor somme toute modeste. Mais la journée a été loin d’être gaspillée. Car ces archives d’une petite mairie haut-viennoise portent en filigrane la société de l’époque. L’explication de la maigreur du butin se trouve dans cet état des archives dressé par un ancien maire : le 24 juillet 1944, un groupe de la Brigade Von Jesser occupe la mairie et, pour se sécher après un orage, brulent les papiers de la mairie. C’est un peu l’absence d’archive devenant archive à son tour. Belle mise en abîme.

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De ce qui a survécu, on comprend l’enjeu crucial et majeur pour la population de 44-45 : le ravitaillement. La gendarmerie mène une enquête pour chaque déclaration de perte de carte de ravitaillement. Le maire demande au préfet, pour apaiser les contentieux, de faire connaître des barèmes pour les remboursement des bons de réquisitions des FFI. Chaque cultivateur déclare précisément les quintaux de seigle récoltés combien iront aux semis, combien à la consommation du foyer et combien à la livraison. Tout fait l’objet de tickets de rationnement : denrées scolaires, papiers, carburants.
Les médecins doivent attester de la grossesse de leurs patientes pour leur obtenir droit à des rations supplémentaires.

Quant à cette comptabilité soigneuse de la pénurie, elle est tenue sur tout ce qui a pu être récupéré : anciennes listes électorales, cahiers d’écolier, bulletins de vote périmés…

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