SAVOIR QUI C’EST RAOUL

Raoul, c’est le premier pseudonyme de Georges Guingouin pour la vie clandestine. C’est sous ce nom qu’il passe l’hiver 1941-42 en Haute-Corrèze.
Il y participe à l’organisation du réseau FTP de ce secteur qui comprend les villes de Tulle, Égletons et Ussel avant d’être écarté par la direction régionale et de regagner le canton d’Eymoutiers, 50 km plus au nord.

Mais commençons par le commencement…

Georges Guingouin est né à Magnac Laval en 1913.
Magnac Laval, à 50km au nord de Limoges, est une ville de caserne.

Orphelin de père

Le 138e Régiment d’Infanterie y est établi peu après la guerre de 1870.
Charles Guingouin, le père de Georges, y est sous-officier de carrière. Il est tué avec la moitié de son régiment dans une attaque désespérée dans le nord de la Somme, le 28 août 1914.
Élevé par sa mère institutrice, Georges Guingouin est bon élève. Il suit alors une voie d’excellence, de l’école primaire supérieure de la sous-préfecture (Bellac) à l’école normale d’instituteurs à Limoges, préfecture du département.

Militant communiste

C’est à l’école normale que se produit l’éveil politique du jeune homme.
Tout juste majeur (21 ans à l’époque) il participe à la grève antifasciste du 12 février 1934. Un acte qui aurait pu lui coûter sa place d’instituteur, tenu à la neutralité politique.
Son opposition, l’année précédente, avec son professeur d’histoire-géographie au sujet de Robespierre (les travaux d’Albert Mathiez sont encore récents à l’époque), laissait déjà supposer son orientation politique.
Élevé dans le cuisant souvenir des hécatombes de la guerre, formé pour être un « hussard noir de la République », c’est au jeune Parti Communiste que Guingouin trouve sa place.
En 1935, nommé instituteur à Saint Gilles les Forêts, il rejoint le rayon d’Eymoutiers, dans le quart sud-est du département.
Instituteur, c’est un poste influent, dans les communes rurales des environs.
Il prend le secrétariat de la section.

Un communisme particulier

Guingouin, c’est un militant de l’après 6 février 1934.
À l’époque, le PCF, dans la foulée de l’internationale communiste, a marqué un changement de ligne fort.
Avant 1934, c’est l’opposition frontale, « classe contre classe », avec les partis « bourgeois ». Après, le Front Populaire.
Le parti passe du sectarisme à la stratégie d’alliance.
Ce qui explique peut-être en partie l’épisode Lenoble.
Fin 1935, Marcel Lenoble, instituteur de Peyrat le Château, est désigné pour les législatives, contre l’avis de la direction régionale. Guingouin, Lenoble et le rayon d’Eymoutiers tiennent tête. Puis Lenoble se désiste après le premier tour en faveur du candidat socialiste Marcel Vardelle, qui avait déchu le communiste Jules Fraisseix de son mandat de député 4 ans auparavant. Vardelle votera les pleins pouvoirs à Pétain, mais ceci est une autre histoire.

À SUIVRE

En attendant, je vous renvoie à ces notices biographiques :

Crédit photo encore recherché.

Les notices biographiques sont déjà plus complètes que ce que je pourrais écrire. Néanmoins, se dégagent du profil de Guingouin quelques lignes fortes.

Un peu de lecture avec d’une part Guingouin par lui-même : 4 ans de lutte sur le sol limousin.

Et l’ouvrage de Fabrice Grenard, Une légende du maquis, Georges Guingouin, du mythe à l’histoire.

Et pour aller déjà un peu plus loin, je vous invite à lire ce travail de Fabrice Grenard sur le site du Maitron des fusillés : Les instituteurs dans les maquis.

A voir aussi : R5, autour d’un maquis, film tourné en 1945 sous la direction du CNR. Le récit se racontant lui-même pour une population qui le découvre encore partiellement, alors que les adversaires du maquis commencent à mettre en exergue les affaires de droits communs qui se sont parfois mêlées à l’action maquisarde.

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Et il y a d’autres façons que j’ai détaillées ICI.
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