Qui suis-je ? Où vais-je ? De quoi je me mêle ?

Qui suis-je ? Où vais-je ? De quoi je me mèle ?

Qui suis je ?

Martial, trentenaire, reporter d’images, réalisateur, limousin. Pour résumer : quand j’étais petit, je voulais être reporter photographe. On m’a dit de faire des études, je suis devenu reporter vidéo. J’ai grandi à Limoges que j’ai quitté pour Paris et une école de journalisme. Puis j’ai circulé au gré du travail à travers la France et un peu le monde. C’est de ces différentes expériences d’exil que j’ai appris à prêter attention à mes racines.

Où vais-je ?

Je me suis lancé dans un projet qui me tient à cœur.
Là où j’ai grandi, une figure me fascine : Georges Guingouin.
Résistant de la première heure, compagnon de la Libération(son CV ici), maire de Limoges à la Libération, il a connu un après guerre tragique.

Exclu du PCF en 1952, accusé de meurtres dont il n’est blanchi qu’en 1959, Guingouin, c’est un destin hors normes.
Il finit ses jours en 2005 après un dernier acte politique : l’appel à défendre le programme du CNR, aux côtés des époux Aubrac, Stéphane Hessel, Daniel Cordier et d’autres figures de la Résistance.

« L’une des plus belles figures de la Résistance » selon De Gaulle est devenu une sorte de totem.
Il est évoqué après, par exemple, l’affaire de Tarnac ou, ici, pour des élections à l’abstention record. Après la Résistance, il n’est devenu ni un défenseur de l’empire colonial, ni un apparatchik. Pour une frange de la gauche, il est un exemple. Son portrait est dans le magasin général de Tarnac et au département d’Histoire de l’Université de Limoges. Mais il a fallu 70 ans pour qu’un lieu important de la ville de Limoges prenne son nom, lorsque les socialistes ont perdu la mairie.

De quoi je me mêle ?

Il y a une part personnelle dans ce travail comme je l’ai expliqué dans le billet Une affaire de famille. C’est un moteur. Mais j’essaie de ne pas la laisser occulter une réflexion rationnelle sur notre monde.

C’est le sens de la démarche journalistique : une part subjective, celle qui dirige à la hiérarchie que l’on met dans l’information, qui nous fait choisir nos sujets et estimer que telle enquête mérite d’y consacrer des moyens, et une part objective, qui doit nous amener à veiller à notre démarche d’enquête. Vérifier nos sources, évaluer le crédit qu’on leur accorde.

Il faut être bien conscient de sa subjectivité pour être objectif. Nous sommes plus enclins à croire ce qu’il nous plaît de croire. Une information contradictoire avec nos à-priori (et ceux qui en ont le plus sont ceux qui disent qu’ils n’en ont pas) provoque l’inconfort. Pour autant, à l’inverse, ce n’est pas parce qu’une information bouscule nos certitudes qu’elle doit être crue. Et se garder aussi de la tentation du spectaculaire : comme le dit l’adage, plus c’est gros, plus ça passe. Il faut savoir rester humble : toutes les recherches les plus acharnées n’apportent pas de révolution copernicienne. Avoir conscience de ces biais, c’est donc se donner des chances d’aller vers le vrai.
Spoiler : il n’y a pas de vérité absolue, seulement des probabilités d’erreurs de plus en plus réduites.