Henri Frénay chez Jacques Chancel

Après Pierre Dac, un autre grand témoin de la deuxième guerre mondiale passe à la Radioscopie de Jacques Chancel.

En 1973, Henri Frénay, fondateur de Combat, publie ses mémoires de Résistance. C’est l’occasion d’une vive polémique entre lui et Daniel Cordier. Frénay et Moulin ont eu, de leur rencontre à l’arrestation du deuxième, des rapports extrêmement tendus, en particulier sur des divergences stratégiques et la question du financement des mouvements de Résistance.

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J’écris ton nom…

Écoutez la chronique radio en cliquant sur l’image.

Faute de temps pour moi-même écrire, je me permets de relayer ici ces mots d’Aurélien Bellanger hier matin sur France Culture.

La conclusion du 4 septembre, 8h45

Sans doute que la poésie a chanté la geste de la résistance parce que celle-ci opposait à ceux qui sortaient leur revolver quand ils entendaient le mot culture (Goebbels) ceux qui quand on leur proposait de sacrifier au budget de la guerre celui de la culture répondirent : « mais alors pourquoi nous battons nous ? » (Churchill)

Je pose ça là brièvement comme une note pour plus tard.

À réfléchir aussi, ce passage par la commune de Peyrat le Château et son monument au mort. Deux remarques : la liste des tués de 39-45 est impressionnante ; les morts de Peyrat ne sont pas « Morts pour la France » mais « victimes de la guerre ».

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Culture populaire et mémoire (hors-série) : Nota Bene au Mont Gargan

J’avais annoncé que le prochain passage par la culture populaire rendrait visite à Mister Kit, mais Youtube est passé par là.

Le vidéaste Benjamin Brillaud, alias Nota Bene, un des youtubeurs parlant d’Histoire avec le plus de succès sur l’hébergeur de vidéos de Google a consacré sa dernière vidéo à la bataille du Mont Gargan.

Benjamin Brillaud, qui est avant tout un professionnel de l’audiovisuel, sait comment capter l’attention en contant les anecdotes du passé. Une approche du récit historique qui ne suffirait pas à la transmission de la connaissance historique, mais qui a sa place pour diffuser des bribes de connaissance à un public très large. Avec près de 30 000 vues en l’espace de 3 à 4 heures, peu de passeurs d’Histoire peuvent en faire autant. Sa chaine, qui compte presque un million d’abonnés, est une des grosses machines de Youtube.

Nota Bene, au delà de ces anecdotes incroyables, qui marquent les esprits (parmi lesquels il classe la bataille du Mont Gargan) et font du clic (plus de 900 000 vues pour certaines) travaille également à confronter Histoire, légendes, mythes, cinéma et quelques réflexions sur la transmission de la connaissance du passé.

A titre de comparaison, il rendrait jaloux des chaînes comme celles d’Arte (plusieurs chaines thématiques à environ 200 000 abonnés) ou l’historien Histony, dont j’ai, je crois, déjà parlé, qui ne compte pour sa part qu’une quarantaine de milliers d’abonnés. Sans compter votre serviteur et ses… 30 abonnés… (Je vous attends, d’ailleurs, hein. N’hésitez pas, c’est là.)

A titre de comparaison, Histony travaille sur une mise en scène des plus dépouillées : lui, parlant face caméra d’un ton très posé, avec des mots très choisis. En un sens, il respecte son profil de docteur en Histoire : prudence, rigueur et sobriété. Là où Benjamin Brillaud, vidéaste, parle d’un ton enjoué, avec un cadre plus léché. Chacun est dans son rôle.

Grand public et petits raccourcis

Naturellement, passé l’enthousiasme de voir la bataille du Mont Gargan se voir offrir une telle vitrine, j’ai sorti mes lunettes critiques. Et quelques points m’ont fait tiquer.

  • Oradour, ce ne sont pas des représailles mais une action de terreur. La Das Reich a d’abord pour ordre la guerre contre les partisans du secteur de la montagne limousine. Ils ne reçoivent que le 9 juin l’ordre de partir pour la Normandie. Ils décident alors de finir leur campagne de terreur par un coup particulièrement choquant porté à la population : une bourgade importante où l’activité maquisarde n’est pas signalé (il ne s’agirait pas de devenir des cibles quand on massacre). Même s’il n’est pas possible d’établir avec certitude les causes du choix d’Oradour, il est possible que la taille, les conditions de sécurité pour les tueurs et la situation géographique d’Oradour permettant de porter le choc du Limousin aux Charentes et au Berry ont pu déterminer celui-ci.
    Le terme de « représailles » est entré dans les usages, mais les habitants d’Oradour n’avaient rien demandé. Les passeurs de la mémoire d’Oradour, de Robert Hébras au personnel du centre de la Mémoire et aux associations de victimes se battent justement, entre autre, sur ce point. (Je vous propose de lire ou relire un précédent article où je me penchais sur la question.)
  • Guingouin ne devient chef des FFI qu’après cette bataille, le 3 août. La rancune du PCF a été tenace. En juin, il a désobéi à la direction FTPF qui lui ordonnait la prise de Limoges. Bon choix pour Limoges et pour ses hommes, mais mauvais pour sa carrière. Et les gaullistes étaient moyens chauds pour donner les rênes à un coco, d’autant plus en disposant à proximité de Limoges du Commandant Pinte, officier de carrière. C’est la encore un petit détail qui donne beaucoup de sens à tout ça. L’après guerre de Guingouin aurait aussi mérité un petit propos, mais ça c’est ma partie.
  • Enfin, attention au bilan. Les maquisards connaissaient bien mieux le terrain et les allemands ne sont pas parvenus à détruire ce maquis, contrairement à bien d’autres (Glières, mont Mouchet), et à reconquérir le terrain. Il y a donc réellement une victoire de la résistance. En revanche, les tués allemands sont peut-être un peu sur évalués. Ils pourraient englober les pertes de la brigade Jesser pour l’ensemble de son déploiement dans la région, jusqu’à son repli, fin août.

S’il est bon, je pense, ne serait-ce qu’en mémoire de celles et ceux qui y ont laissé leur vie, de se souvenir de cette victoire de l’armée des ombres, il est important de garder en tête les limites de cette victoire. S’il y a effectivement une période de bataille rangée entre maquisards du sud est haut-viennois et troupes allemandes, c’est bien d’un épisode de guerre de guérilla que le Mont Gargan a été le théâtre. Le terme de bataille rangée peut être employé mais avec une dose de prudence. Guingouin et ses hommes n’ont pas l’ambition de tenir le terrain coûte que coûte mais de faire disparaître le matériel dont ils vont avoir besoin dans les semaines à venir et préserver l’intégrité de leur organisation. En cela, c’est une victoire du maquis.

Ces précisions valent à mon sens d’être apportées pour que l’Histoire ne devienne pas folklore. Mais reconnaissons à Nota Bene de réussir à parler d’un petit coin de la deuxième bataille de France en l’espace de 10 minutes en gardant son public jusqu’au bout et en ne racontant pas trop de bétises. C’est toujours mieux que… Hum…

Pas sur les ambulances. (Mais oui, je parle de Bern et Deutsche.)

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Que je puisse jouer dans la cour des grands.

Ça pourrait commencer comme ça.

« PECUNIA NERVUS BELLI » Cicéron

Le projet Un passé très présent aurait vraiment besoin d’un coup de pouce. Pour l’instant, il ne m’a rien rapporté. Il a surtout brûlé dans les pistons de ma voiture, digne et sobre, mais vieillissante et sollicité mon matériel.

Les négationnistes et pseudos historiens réactionnaires, eux, ont des assises financières, un trésor de guerre (et des objectifs inavouables.)

Je suis obligé de dire des gros mots et de parler d’argent.

Ce projet n’a pour l’instant pas trouvé de producteur. Je n’ai pas un nom qui ouvre des portes et le Limousin n’en ouvre pas non plus. Ou alors, par des moyens d’un autre temps que je ne pratique pas.

Ce projet suit une démarche exigeante : militante, certes, mais journalistique, à l’encontre du sensationnalisme et du folklore qu’on retrouve trop souvent autour de ces sujets, des interprétations qu’on aimerait suivre parce qu’elle ne remettent pas en cause nos convictions. Il n’est donc pas très facile à vendre.


Fréquentez un peu la page des créateurs sur Tipeee et vous constaterez que certains et certaines dégagent des sommes rondelettes avec peu de scrupules. Je me refuse à noyer la démarche de mon projet derrière un concept marketing.

La forme doit rester au service du fond, jamais primer. Pour cela, le projet a besoin d’indépendance.

Tipeee, donc.

Autant vous renvoyer à leurs propres explications sur leur fonctionnement.

https://fr.tipeee.com/about

Le mien est ici.

Faîtes le connaitre. Partagez le. Et si vous pouvez, mettez un euro ou deux par mois.

Merci encore ou merci d’avance.

https://fr.tipeee.com/martial-roche-films

Être partout

Alors que j’ai posé mes bagages en terre corrézienne pour travailler au calme, je continue de découvrir des fragments de mémoire.
Dans la commune d’Allassac que j’arpente depuis ma plus tendre enfance, je n’ai découvert qu’aujourd’hui l’existence d’un héros local.
Il y a dans le bourg, à quelques kilomètres de Brive la Gaillarde, une rue que j’ai emprunté mille fois sans me demander son nom. Aujourd’hui seulement, mon regard s’est posé sur la plaque et j’ai découvert le personnage de Jean Cariven.
Ce sous-lieutenant FTPF de 31 ans, habitant d’Allassac a trouvé la mort pendant la libération de Brive. Le 15 août 1944, les FFI livrent des combats pour prendre le contrôle des blockhaus installés sur les ponts qui enjambent la Corrèze. Le lendemain, dans Brive libéré, le jeune homme trouve la mort en se jetant sur une grenade pour protéger les gens alentours.

Une stèle au pont Cardinal marque le lieu de son décès.

Et donc une rue de sa ville porte son nom.
Je constate aujourd’hui que je crois n’avoir jusqu’alors jamais entendu parler de lui.
Il semblerait néanmoins que son souvenir soit entretenu depuis les années 50.
Pour en savoir plus : http://www.anacr-objat.fr/jean-cariven-16-aout-1944/

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