Les ombres au crépuscule 1/2

Le 12 septembre 1969, il y a 50 ans, l’Armée des Ombres de Melville, est sorti en salle. C’est l’adaptation du roman éponyme de Joseph Kessel de 1943.

Ce soir, c’est dans la cour de la prison de Montluc que je revois ce film.

Pour soutenir le projet Un passé très présent, c’est toujours ICI.
Et il y a d’autres façons que j’ai détaillées ICI.

J’écris ton nom…

Écoutez la chronique radio en cliquant sur l’image.

Faute de temps pour moi-même écrire, je me permets de relayer ici ces mots d’Aurélien Bellanger hier matin sur France Culture.

La conclusion du 4 septembre, 8h45

Sans doute que la poésie a chanté la geste de la résistance parce que celle-ci opposait à ceux qui sortaient leur revolver quand ils entendaient le mot culture (Goebbels) ceux qui quand on leur proposait de sacrifier au budget de la guerre celui de la culture répondirent : « mais alors pourquoi nous battons nous ? » (Churchill)

Je pose ça là brièvement comme une note pour plus tard.

À réfléchir aussi, ce passage par la commune de Peyrat le Château et son monument au mort. Deux remarques : la liste des tués de 39-45 est impressionnante ; les morts de Peyrat ne sont pas « Morts pour la France » mais « victimes de la guerre ».

Pour soutenir le projet, c’est toujours ici ou bien .

« Le vote socialiste pour faire barrage aux communistes »

Hier, M. Viroulaud, adjoint au maire de la ville de Limoges, m’a accordé une interview dans une salle de travail du musée de la Résistance en sa qualité d’adjoint en charge de la mémoire et des anciens combattants.

M. Viroulaud milite dans la droite limougeaude depuis le milieu des années 1990, ce qui lui a valu de nombreux revers électoraux comme il se plait à le rappeler avec le sourire. Jusqu’à ce qu’un désistement lui permette de devenir conseiller municipal en 2010. Et surtout, jusqu’aux élections municipales 2014, où Limoges, bastion socialiste, bascula à droite avec la victoire de la liste d’Émile-Roger Lombertie.

Symboliquement, 2014 est un choc. Léon Betoulle, de la SFIO, tient la mairie de 1912 à 1941 où il est destitué par Vichy et remplacé par André Faure, représentant de la droite limougeaude avant-guerre. Betoulle, pourtant, avait voté les pleins pouvoirs. En 1944, c’est donc le communiste Henri Chadourne qui assure l’intérim. Le musée de la Résistance porte d’ailleurs son nom. Les élections de 1945 portent alors Georges Guingouin à la mairie. Puis, en 1947, Léon Betoulle reprend la mairie jusqu’à sa mort en 1956 ou lui succèdent, jusqu’à 2014, les socialistes Longequeue et Rodet.

Comme évoqué avec M.Savy, ancien président de région, la vie politique limougeaude s’est longtemps construite sur une opposition entre socialistes et communistes. M.Viroulaud affiche pour sa part sa conviction : les longues années de faiblesse des forces de droite et du centre sont sans doute dues à un report des voies vers un barrage au parti communiste.

Cela ne résume pas, néanmoins, l’entretien que nous avons eu avec M.Viroulaud au sujet de ses fonctions à la mémoire et aux anciens combattants et à la place laissée à la mémoire de la Résistance dans l’espace public limougeaud.

Pour soutenir le projet Un passé très présent, c’est toujours ICI.
Et il y a d’autres façons que j’ai détaillées ICI.

Dessous les pavés… l’orage.

Lors du vernissage presse du nouveau Musée de la Libération de Paris – Musée du Général Leclerc – Musée Jean Moulin, sa directrice, Mme Sylvie ZAIDMAN a répondu à mes questions.
Nous sommes revenus sur la genèse du musée mais aussi ses choix d’aménagement. Héritier de deux musées existants consacrés à une figure centrale de la lutte militaire et de la résistance civile, le musée devait faire également une place, au sein de sa collection, au lieu même qui l’accueille, le PC de Rol Tanguy pendant l’insurrection de Paris.

Au programme du musée, donc, les parcours croisés de Moulin et Leclerc collés à la frise chronologique de la France occupée. Avec beaucoup de classiques des musées sur la période : la mise en contexte, la montée du nazisme, de la propagande de l’époque. Et quelques pièces particulièrement émouvantes : le casque percé d’une balle qui le tua dans son char, le Barrois, de Georges Bomy, Maréchal des Logis de la 2eDB, le 25 août ou les souvenirs collectés par leurs camarades dans leurs chars calcinés près d’Alençon des soldat Gully, Lego, Jayr, Massenet et Plusquellec (Chars Reims, Paimpol et Compiègne). Ou encore ce document signé du préfet de Paris recevant à la gare de l’Est la dépouille de l' »inconnu » Jean Moulin pour incinération, le 9 juillet 1943.

Photos suivantes par Emmanuelle Trompille ©.

Le PC Rol

On entre, en sous-sol, dans la partie la plus immersive du musée. Les casques de réalité augmentée et les petits effets sonores de l’escalier contribuent à rendre ce lieu presque hanté.

Au cœur de l’orage

Grâce à des amis, je viens d’avoir l’occasion de passer quelques jours dans le Vercors. Un voyage en pays de mémoire.

Je prendrais le temps de faire quelques lignes à ce sujet quand j’aurai laissé derrière moi quelques tracas administratifs.

Quelques faits intéressants pour commencer.

  1. C’est avec le plan Montagnard que ce massif entre Drôme et Isère, entre Die et Grenoble, prend son unité géographique. Le nord et le sud sont en effet séparés par des gorges extrêmement encaissées où aujourd’hui encore, par endroits, deux véhicules ne se croisent qu’avec prudence. C’est justement ces accès difficiles qui inspirent à des résistants locaux l’idée d’en faire une citadelle maquisarde et un point d’appui pour des opérations aéroportées. Nord et sud sont également très différents avant guerre par l’activité et le développement. Au nord, notamment, la station de Villard de Lans. Au sud, des villages plus modestes et des terres plus sauvages. Le randonneur s’en régale.
  2. La tragédie du Vercors se joue en un peu plus de deux mois. Les réfugiés s’y retrouvent dès le début de la guerre, comme dans tous les territoires ruraux où l’occupant se montre peu . C’est l’apport de réfractaires au STO devenant forestiers pour l’occasion qui développe les premiers camps en 43. Mais c’est surtout le lancement du mot d’ordre de rejoindre les maquis en juin 1944 qui scelle le drame à venir. De 400 maquisards, ils se retrouvent 4000. Après les 750 morts de juillet (plus 200 civils), et la dispersion, ils ne sont plus que 1200 à participer au sein des unités constituées sur le plateau aux combats de la libération dans la vallée du Rhône.
  3. Vassieux en Vercors, au delà du triste visage d’une commune reconstruite en hâte à la fin des combats, présente 3 sites principaux et complémentaires. La Nécropole nationale, où reposent pèle mêle les maquisards et les civiles assassinés, de 12 ans pour la plus jeune victime à 91 pour la plus âgée. Cette nécropole date de la fin de la guerre. Le Mémorial, qui comme son nom l’indique, se veut lieu de mémoire. C’est l’implantation la plus tardive, 50 ans après les faits, sur les hauteurs surplombant la vallée de Vassieux. Le musée départemental de la résistance de Vassieux, dans le bourg, derrière l’église reconstruite où est célébrée la messe du souvenir le 21 juillet, jour de l’attaque allemande par planeurs sur le village. Construit à l’initiative d’un ancien maquisard dans les années 70, c’est un lieu de mémoire devenu lieu d’histoire. Encore riche de collections d’objets (tracts, affiches, armes et pièces d’uniforme), le musée a très subtilement intégré sa première mouture à sa rénovation autour des années 2000. Ainsi ont été conservée dans le musée les premiers panneaux écrits par Joseph la Picirella, l’initiateur du musée. À la fois recul et respect de son point de vue.

Le reste en vrac. Bonne journée à tout le monde.