Commémorations 2026 : Jalons pour une mémoire de l’ombre et du droit

À l’approche des Commémorations 2026, l’histoire n’apparaît pas comme une ligne droite, mais comme un cycle de résonances nécessaires. En ouvrant l’almanach de cette année charnière, je ne cherche pas à célébrer une mystique des chiffres, mais à identifier des points de bascule. Les années finissant par « 1 » et « 6 » forment, depuis plus d’un siècle, la colonne vertébrale de notre mémoire collective. De la boue de 1916 aux cendres de 2001, ces jalons ne sont pas de simples dates : ce sont des carrefours où le destin des sociétés a bifurqué.
Pour le lecteur d’aujourd’hui, s’intéresser aux Commémorations 2026 n’est pas un acte de nostalgie, mais un exercice de vigilance. Je vous propose de parcourir ce siècle de ruptures, en m’arrêtant sur les voix, souvent étouffées, qui continuent de hanter notre présent.
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Marc Bloch : L’histoire comme engagement (1916-2026)
L’année 2026 sera marquée par un acte symbolique fort : l’entrée au Panthéon de Marc Bloch. Pour celui qui travaille sur le passé, Bloch est plus qu’une référence ; il est une éthique. Sa vie épouse parfaitement les cycles de ces Commémorations 2026.
En 1916, Marc Bloch a 30 ans. Capitaine d’infanterie, il vit l’enfer des tranchées. C’est dans cette promiscuité avec la mort qu’il forge son regard : l’histoire ne se fait pas dans les bibliothèques, mais dans la chair des hommes. En 1921, il publie un texte visionnaire, Réflexions d’un historien sur les fausses nouvelles de la guerre. Il y dissèque comment la rumeur, née de l’angoisse, devient une vérité de combat. Un siècle plus tard, à l’heure des « fake news », ce texte reste d’une brûlante actualité.
Passé par Strasbourg en 1926, où il prépare avec Lucien Febvre la naissance de l’école des Annales, il subit de plein fouet les soubresauts du siècle. En 1941, l’année de toutes les fractures, l’État français de Vichy l’exclut de la Sorbonne en raison de ses origines juives. Il ne se contente pas de subir ; il entre en résistance, troquant sa plume pour l’action clandestine, avant d’être assassiné en 1944. Enfin, en 1946, paraît son œuvre posthume L’étrange défaite. Bloch au Panthéon en 2026, c’est la reconnaissance de l’historien-citoyen.
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1916–1936 : Aux racines des Commémorations 2026
L’année 1916 reste le paroxysme de la violence industrielle. Verdun, la Somme : des noms qui, 110 ans plus tard, évoquent une usure des âmes. Mais c’est en 1921 que la nation tente de donner un sens à ce sacrifice avec l’hommage au Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe.
Pendant les années 1926 et 1931, l’espace public est saturé par la présence des associations d’anciens combattants. Ils sont la voix de la conscience nationale, mais aussi un rempart face aux tensions politiques.
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C’est en 1936 que l’illusion d’une paix durable s’effondre. Hitler remilitarise la Rhénanie, bafouant le traité de Versailles. Pour comprendre le drame, il faut remonter à l’occupation alliée de cette région après la Grande Guerre. Notamment, la présence de soldats africains de l’armée française avait alors suscité une propagande raciste féroce. Les enfants nés de ces unions, les « bâtards de Rhénanie », deviendront dès 1937 les victimes de stérilisations forcées par les nazis. En 1936, la presse de l’époque, largement consultable sur le site de Gallica BnF, témoigne d’une sidération mondiale.
Et bien sur, 1936, ce sont les jeux de Berlin, triomphe hitlérien mise en image par Leni Riefenstahl, avec un champion américain comme caillou dans la botte. Deux ans plus tôt, c’est l’Italie fasciste qui accueillait et remportait la coupe du monde de football. Eh bien, en 2026, ce sont les États-Unis de l’administration Trump qui accueillent le mondial dans un contexte de tensions internationales et de politique d’extrême-droite décomplexée. L’équipe allemande envisagerait un boycott. Comme l’a dit un philosophe, la routourne a tourné.

Jesse Owens survolant les JO d’Hitler.
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1941 : L’année du basculement total
Si un jalon doit retenir notre attention dans le cadre des Commémorations 2026, c’est l’année 1941. C’est l’instant où le conflit localisé devient une apocalypse mondiale.
Les théâtres méconnus : Méditerranée et Balkans
En avril 1941, l’Allemagne envahit la Yougoslavie et la Grèce. En mai, la bataille de Crète marque un tournant tactique majeur. Au même moment, dans le désert libyen, le siège de Tobrouk voit les troupes alliées résister héroïquement face au corps expéditionnaire de Rommel, l’Afrikakorps. Ironie de l’histoire, c’est le nom repris par l’entité remplaçant les mercenaires du groupe Wagner depuis leur reprise en main par le Kremlin.
Et puis évidemment, 1941, en Libye, c’est la prise de l’oasis de Koufra et le fameux serment de Leclerc, premier jalon de sa geste.
L’Ukraine et l’ombre de Barbarossa
Le 22 juin 1941, l’opération Barbarossa lance des millions de soldats vers l’Est. L’Ukraine est au cœur de cet orage. Aujourd’hui, les références au front de l’est saturent le conflit actuel. Il est crucial pour l’historien de distinguer la réalité de 1941 — celle d’une terre suppliciée par l’occupation nazie — de son instrumentalisation politique. À ce sujet, les enquêtes de StreetPress sur les mouvances extrémistes contemporaines offrent un éclairage nécessaire sur la persistance de ces symboles.
Le « Vent Mauvais » de la répression
En France occupée, l’année 1941 est celle du raidissement. Le 12 août, dans un discours célèbre, Pétain évoque un « vent mauvais » qui se lève sur le pays. La résistance sort de l’ombre : le 21 août, au métro Barbès, le futur Colonel Fabien abat un officier allemand. Vichy répond par la création des Sections Spéciales, une justice d’exception chargée de condamner à mort pour l’exemple.

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1946–1991 : De la justice au vacillement des empires
En 1946, il y a 80 ans, le monde tente de se reconstruire sur les bases du droit avec le verdict de Nuremberg, commémoré en ce moment dans les salles par une fresque hollywoodienne. Aujourd’hui, le droit international est fragilisé.
Quarante ans plus tard, en 1986, la catastrophe de Tchernobyl agit comme le révélateur du délabrement de l’URSS. En Ukraine, cet événement devient un catalyseur pour l’indépendance, participant à la dissolution de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques en 1991. Ces dates figureront-elles en bonne place dans le calendrier des Commémorations 2026 ? Selon les réalités de l’heure et du lieu, nous verrons.
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2001–2021 : L’histoire immédiate et la mutation de la violence
Le cycle nous mène enfin vers nos souvenirs les plus proches. En 2026, nous commémorerons les 25 ans du 11 septembre 2001. Ce choc visuel a redéfini la notion de guerre, transformant nos villes en front intérieur.
En novembre 2006, un rapport alarme : les violences dans le pays ont quadruplé par rapport à l’année précédente, 5 ans après la chute du régime des talibans.
Au début de l’année, un attentat à Samara en Irak vise un lieu saint de l’islam chiite. Myriam Benraad conclut sur l’échec de la vision américaine d’un « Nouveau Moyen-Orient » démocratique. L’intervention de 2003 a abouti à une radicalisation irréversible des clivages irakiens, plongeant le pays dans un chaos sécuritaire dont les conséquences pèsent sur l’ensemble de la région.
Il y aura 15 ans cette année, les États-Unis éliminent Oussama Ben Laden dans un raid au Pakistan.
Il y a cinq ans à peine, en 2021, nous assistions à la chute de Kaboul et à l’assaut du Capitole. Ces événements rappellent que la démocratie est une construction fragile, sans cesse remise en question par la violence ou l’oubli.
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Conclusion : Pourquoi suivre les Commémorations 2026 ?
Parcourir ces années en « 1 » et « 6 », c’est se rappeler que le présent tend à nous masquer le passé, si ce n’est à l’effacer. Les Commémorations 2026 ne seront pas seulement une succession de cérémonies, mais une opportunité de réflexion individuelle sur notre rapport au présent.
L’histoire n’est pas une fatalité. En étudiant les mécanismes de la rumeur ou le courage des résistants, nous affûtons notre propre discernement. Le passé n’est jamais vraiment éteint ; il attend simplement que nous sachions l’écouter.